• Petr Kràl ( Ed. Obsidiane )

         Les éditions Obsidiane ont édité trois recueils du Petr Kràl : poète tchèque  Petr Kral :  "Quoi, Quelque chose" (1995), "Le poids et le frisson"  (1999) et "Pour l'ange" (2007).

    Ce poète, né en 1941 à Prague et ayant vécu à Paris de 1968 à 2006, est également l'auteur d'essais sur le cinéma et de critiques de films.

    En poésie, il fut initialement de la mouvance surréaliste et bien que moins effervescent cela transparait encore dans ses poèmes dont les images disséminées souvent nous désarçonnent. On se retrouve ainsi à cheminer dans les poèmes comme sur une tourbière: deux pas sur un sol ferme, le suivant qui nous déséquilibre, et ainsi de suite.   

    Tissés à trame double de vers cessant aux enjambements et de phrases débutant aux majuscules, ses poèmes nous offrent une succession rapide de brèves scènes citadines et souvent nocturnes, saisies par un passant poète dont l'œil est sensible à d'infimes détails et d'étranges rapports:

    " Qu'est-ce qui reste donc                                                                      à notre fraîcheur Aux plus jeunes à peine le doute                                  sur le poison qui les guette au fond du bifteck sur la flèche qui pointe       au-delà du trou dans l'azur La morsure mortelle                                      qui s'approche avec le corps aguichant (...) "     ("Le poids et le frisson", p.89)

    Monologue sans étalage d'états d'âme et sans joliesses poétisantes. Voix énergique et frôlant le sarcasme, d'un qui serait "revenu de tout" sauf de la littérature et de la douce chair des filles  comme aurait pu nous le suggérer le texte  ouvrant le recueil "Quoi ? Quelque chose" :

    " En cette fin de siècle, alors qu'on a baissé quelques drapeaux et                                                                              qu'on a arraché des façades certaines enseignes trompeuses, on ne                                                                         verra pas pour autant revenir un Paradis perdu. Seul, est là, encore                                                                            et pour toujours, le continent d'occasion où s'emmêlent étroitement                                                                            le mal et le bien, la mort et la naissance, la pierre dure des mères et                                                                           la douce chair des filles ..."  

     

                                                                                                                      Franck Reinnaz 

     

     


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