• GIL JOUANARD : " CELA SEUL " ( Ed. FATA MORGANA 2002 )

     

    GIL JOUANARD : " CELA SEUL " ( Ed. FATA MORGANA 2002 )

         Sur le site Poezibao  j'ai lu que la revue Faire-part organisait le 19 mars dernier, dans la petite ville du Cheylard en Ardèche, une rencontre avec le poète Gil Jouanard.   

    J'ai connu ces Boutières ardéchoises pendant quelques années, et la nostalgie de cet idéal lieu d'habitation m'avait ensuite inspiré l'écriture d'une plaquette de poèmes dont je reconnus assez vite l'insuffisance.  

    Lisant l'annonce de Poezibao, j'ai pensé qu'il me manquait alors une voix à la Gil Jouanard, cette voix si habile à dire l'habitation poétique d'un lieu ( 1 ), et cela m'a donné l'envie d'en relire des recueils et particulièrement celui-ci.                          

         En introduction à cette sélection de textes poétiques, écrits de 1963 à 1990, l'auteur présente une démarche d'écriture qui lui "aura tenu lieu de mode d'appropriation du réel "  , "dans une perspective de mémorisation sensible de son propre vécu". ( page 7)

    Ces proses brèves sont bien poétiques du fait de " particularismes  d'écriture étrangers au cours naturel de la prose [...] : discontinuité, fulgurance à vocation épiphanique, prédilection manifeste pour le recours au raccourci, aux ressources de l'analogie [...] la simultanéité temporelle et thématique [...] sans parler de la propension démonstrative [...] à privilégier l'univers sensoriel." (page 8 )

    L'auteur est un "homme d'extérieur" sillonnant une province de soleil généreux et de pluies assez rares, même si violentes, propice aux randonnées "enregistreuses" de vies et de paysages dans les mondes multiples des monts, vallées et villages qu'un relief abrupt sépare et isole souvent. 

    Pas vraiment narratifs, ces textes mêlant sensations, réflexions et souvenirs suscités au même moment par un lieu très réel, sont pour le lecteur comme des aquarelles, des machines oniriques pour se rêver habitant de lieux imaginaires tissés de lambeaux disparates de ses souvenirs.

    " La nuit surtout, quand l'odeur acide monte dans l'humi-                                                                                      dité : voix  sans  répit  des  images.  Dans  la  blancheur                                                                                              sédimentaire  du  silence,  le  moindre  mot déborde  le                                                                                   langage.  Un  bruit  de  pas  insiste  dans  l'allée  où  les                                                                                          chansons s'éteignent doucement. Analogie, réminiscence :                                                                                         La présence s'accroit autour de la maison." ( page 69 )

     

                                                                                                                Franck Reinnaz

     

    (1) : Ce n'est donc pas par hasard que pour un recueil, regroupant ses cinq premières plaquettes de poèmes, l'auteur avait                                      choisi de le nommer " Sous la dictée du pays" ( Ed. Slatkine 1982 ). 

     

     


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