• Gérard Chaliand : " Feu nomade " ( Ed. Gallimard 2016 )

    J'avais connaissance du Gérard Chaliand spécialiste de géopolitiqueGérard Chaliand : " Feu nomade "  ( Ed. Gallimard 2016 )

    et de stratégie, mais j'ignorais qu'il fut poète.                   

    Après trois premiers recueils de poèmes ayant paru dans sa jeunesse ( autour des années soixante ) le poète a semblé se taire pendant quarante années pour ne retrouver la voix qu'avec la vieillesse.

    Il m'apparaît deux raisons possibles pour proposer à votre attention ce "Feu nomade" qui regroupe les poèmes de ces deux périodes.   

    - Pour la poésie des deux premiers ensembles de poèmes dont l'écriture est parfois teintée de surréalisme :                                       "Mes mains portent des saisons figées au bout des sources [...]" (p 50)  Laquelle écriture, plus souvent encore, rappelle la poésie sud-américaine par le chant, l'ampleur, la voix haute, le discursif ... :     " J'ai marché durant des siècles séparé de moi-même                          je suis entré dans les eaux                                                           enlisé sans appui                                                                           mûr à la peine mûr aux coups                                                           je ne suis que ce lâche qui a peur du pillage                                       de voler pour la faim me voilà né voleur [...] "      ( page 29 )

    - Pour l'exceptionnelle complexité et densité du personnage et de la vie de ce bourlingueur inlassable, militant tiers-mondialiste, poète et géopoliticien, qui transparaissent dans les textes et dont l'intérêt peut compenser l'excessif prosaïsme des trois derniers ensembles de "poèmes" ( du moins pour certains lecteurs avides de voyages et découvertes).

    Claude Burgelin, dans son introduction, signale que cet Armémien " fils et petit-fils de ceux qui furent atrocement écrasés, dont le massacre même fut et reste dénié, s'est fait chasseur pour ne plus connaître la douleur du vaincu."( page 14 ).  Le poème de page 91 est l'un des rares à évoquer ce lourd passé.

    Au final, et bien que l'amour ait beaucoup compté dans cette vie dense, malgré son impuissance à changer le cours des choses, ce qui se montre ici est un monde violent où " Tout est régi par la force et la crainte" ( page 142 )

     

                                                                                                           Franck Reinnaz

     


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